Jeudi 29 juillet 2010
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Je souhaite au travers de ce blog relancer la mode du couteau de poche . Ce véritable compagnon de route est le symbole du partage, lors de pique-nique ou du casse-croûte entre
copains...même à table dans un bistrot , ou au restaurant.
Lorsque l'on sort son couteau de sa poche et que l'on l'exhibe à droite de son assiette , soudainement les regards se portent sur lui ; ce fût le cas avec
mon premier Opinel (n°8 effilé) puis avec mon Laguiole en corne de
chez David , puis avec mon (très surprenant) Akma le troisième en partant du haut..quand au Nontron de chez Chaperon, il biche devant les convives , j'oserais même dire qu'il crâne. Sa lame en ' feuille de sauge' , son manche 'boule' en
olivier lui donne fière allure. C'est le plus vieux couteau de France, né en 1653 à Nontron ( Périgord Vert) : bassin minier , peuplé de forêts
denses, où le buis est roi. L'estampille de ses trois points surmontant une sorte d'équerrre peut être le témoignage du
compagnonage
Il aiguise la curiosité, on aime le toucher , il est doux, voire caressant. On me jalouse, parfois je sens qu'il attire la convoitise , mais il sait qu'avec
moi, il profite de la vie. Je ne suis pas un collectionneur , j'aime que mon couteau profite du moindre instant pour couper, découper , briller.
Il faut dire que les couteaux de poche, et en particulier les régionaux, sont des véritables témoignages de notre culture provinciale. De toute les formes,
de tous les noms, ils correspondent à des besoins parfois spécifiques, comme les couteaux marins ( de formes arrondies tel le London ou le Gwallarn). Ce
sont de véritables bijoux, parfois habillés comme des ''rockstars'' : lames en Damas (chaque forgeron telle une empreinte digitale confectionne , soude , tord ses aciers pour
'donner des nervures' aux lames ) les manches eux sont en bois : buis , olivier, pallisandre, bois d'amourette, génévrier , bois de rose , acacia , ou en défense de
phacochère , en corne blonde..: chacun fixe son choix en fonction de ses aspirations aussi bien en terme de ligne (vue) que de toucher (tactile) voir de goût ' le parfum d'un bois '
par exemple. D'un mot c'est un outil de plaisir.
Comme les joailliers, les couteliers sont des orfèvres : à la différence qu'un couteau est plus abordable qu'un collier en
diamants.
Un couteau demande beaucoup de travail ( lame - manche , ajustement , guillochage ,déco , gabarit- création etc.., des heures et
des heures à forger pour lui donner un aspect unique, du ''sur mesure'' à un
prix démocratique . Pour un acquérir un : il faut être motivé .
Pour ma part je viens de craquer pour un modèle dans la collection ' Couteaux Basques' . Je suis un inconditionnel de cette contrée , où il existe un art de
vivre, une tradition et une 'identité'. Le modèle que j'ai choisi s'appelle le Corsaire.
Sa lame est brisée, comme une épée lors d'un combat, son manche ( j'hesitais entre bois et corne) soit en bois de Paxtaranier (prunelier
sauvage du pays basque) ou en Manech (corne de brebis basque). Christophe Lauduique son concepteur ma conseillé symboliquement le
manech, ce que j'ai validé : c'est parfait en terme de tradition.
Ce couteau a été dédié aux marins qui ont embarqués à bord de 'La Victoire' , premier bateau de Lafayette , le 20 Avril 1777, dont le départ se situait à
Pajadès dans les Asturies. Lafayette , Général de Saintonge, en garnison à Saintes, la Charente Maritime, l'Hermione, Rochefort.......; tout un voyage , tout une histoire résumée dans ce bijou.
Il viendra m'accompagner dans mes escapades à partir du mois d'octobre prochain seulement, et oui , un couteau sait aussi se faire désiré...et c'est tant mieux.
Bonne dégustation
Le Corsaire ( 3° et 4° colonne de gauche en partant du haut)