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Jeudi 6 janvier 2011 4 06 /01 /Jan /2011 23:33

DSCF3928-makila.jpgPour "tracer sa route" de gastronome: il faut voyager . Toujours emerveillé par des nouvelles destinées gourmandes, amoureux du Pays Basque , région au combien identitaire à la culture accueillante, j'ai craqué. Pour "fêter" plus de cinquante d'escapades en Euskadi (depuis ma plus tendre enfance) , l'âge aidant , les chemins creux des"ventas" étant réservés aux colporteurs et aux pottocks ,le marcheur doit assuré sa stabilité par un bâton de marche. Oui j'ai reçu mon cadeau un superbe makilha ..personnalisé. Bien plus qu'un compagnon de route (en plus des couteaux) , cet oeuvre d'art confectionné en néflier, scarifié sur pied au printemps, cueilli et détaillé au solstice d'hiver se repose un peu.

Vient ensuite tout un rituel , l'écorcage : destiné à faire ressortir "les nervures", le sèchage en four et le redressage , parce qu'il doit être bien droit. Ensuite pour prendre sa couleur, il est très souvent recouvert de fumier..et là il sommeille de longues années: pendant dix ans il sèche, il est au repos complet. Un jour son "créateur" vient le délivrer, le cajole , lui adapte (au bout le plus large) un fer en tryptique dont l'extrêmité transperce une pièce de monnaie de l'année de naissance du futur propriétaire. Ainsi il sera lesté, pour faciliter son utilisation.

Ensuite il sera personnalisé au gré des goûts et de la vie, des affinités: il n'existe pas deux malhilas identiques .Celui-ci mesure exactement 88 cm (sur mesure par rapport à la taille). Son pommeau et ses virolles sont en laiton et nécessitent des jours et des semaines de travail. Les gravures( au burin) représentent les passions, la vie de chacun , le nom du propriétaire , sa date de naissance, le nom de l'artisan et en dessous du pommeau : la virolle avec une sentence en langue basque , la mienne tient en trois mots : jakinduria - indarra - edertasuna....chercher et vous trouverez...peut-être.  

Le cuir tient également une place importante (gainée de cuir tressé) ainsi qu'une dragonne assortie . Habitué au noir , le mien est en cuir tressé noir et blanc parce qu'il reflète une dualité symbolique forte résumée dans cette citation d'un musicien contemporain ( le saxophoniste Manu di Bango) :

 

On ne peut peindre du blanc sur du blanc, on ne peut peindre du noir sur du noir , chacun à besoin de l'autre pour se réaliser.

 

Ainsi j'ai choisi l'entrelacement des deux couleurs pour qu'elles reflètent le monde extérieur. De nombreux mois d'attente, voire parfois plus d'un an pour que le makhila voit le jour. Pour les connaisseurs ce bâton de marche enferme un secret, ce n'est pas uniquement une canne d'appui...mais bon ce n'est pas à révéler...cherchez et peut-être trouverez-vous !! ou pas.

En tout état de cause je souhaite la bienvenue à mon compagnon (..) de route car nous partons demain matin pour une suite très intéressante!!

 Félicitations au créateur Guy Lanartic du Gers  (Vic-Fezensac) rencontré au salon "Bois et Passion" à Breville (16). Lors de son édition 2010.

Gastronomically zuera !DSCF3906-MK.jpg

Par alain legourmet
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